Lundi 6 octobre 2008

Que le temps passe vite… Je n’ai malheureusement plus le temps de mettre à jour aussi fréquemment que je le voudrais ce blog… je vais essayer d’être plus assidu !

 

J’ai beaucoup entendu parler du livre de Ian McEwan avant de me le procurer samedi dernier. L’abondance de livres régnant en ce moment dans les librairies laisse finalement bien souvent mes désirs indécis et vaguement insatisfaits. Autant le dire tout de suite, j’ai dévoré Sur la plage de Chesil en quelques heures. La langueur des dimanches permettant de bien belles rêveries…

 

Ian McEwan nous décrit la nuit de noces d’un jeune couple pendant les années 60 en Angleterre. Lentement, sûrement, les jeunes mariés se rapprochent de l’instant où ils devront « consommer » leur mariage. Rythmé par le ressac incessant de la mer, débute alors un jeu relationnel envoûtant, scandé par l’entremêlement du désir et de l’effroi. L’auteur sublime cette nuit avec une écriture parfaite, moderne mais affûtée, et donne du dynamisme au récit en alternant les points de vue du couple et une redondante composition de flash-back. Parfois, il faut bien l’admettre, on ne sait plus vraiment où veut en venir l’auteur et la construction d’un passé très réaliste à ces personnages égarent un peu le lecteur vers des pistes psychologiques à mon avis fort douteuses.

 

Mais quand bien même Ian McEwan nous annonce-t-il cette lente macération des esprits, il ne néglige jamais la lourde tragédie que l’on sent rouler sous les lignes, derrière le récit, comme si la machine continuait à avancer. Aussi les retours en arrière laissent-ils le suspens pulser derrière chaque digression. Un bel effet pour une histoire a priori banale. Et puis, le livre avance et la conduite des destins se forment lentement…

Mais ça, je ne peux pas le raconter…

 

A lire.

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 25 septembre 2008

Que le monde apparaisse comme une vaste dimension dans le champ de la conscience, que l’étrange ordre des choses bouscule spontanément les émotions universelles, que notre existence s’accommode, parfois difficilement, de vastes inquiétudes inhérentes à son caractère éphémère, il n’en résulte pas moins l’intuition singulière d’une ténébreuse intrigue de l’univers. Une intrigue imposante, dense, décalée. Une sorte d’articulation grandiose des éléments et des lois qui régissent leurs comportements. Je ne dis pas que l’univers a une intention, sinon quoi le concept de dieu prendrait une ampleur inintelligible, mais plutôt que notre monde ressemble à une grande partition cosmique.

Je suis en train de lire le numéro hors série de Science et Vie qui retrace l’histoire de la compréhension de la matière en physique et astrophysique. Le magazine est assez vulgarisé pour être accessible (même si mon cerveau peine encore à comprendre le raisonnement de certains génies des sciences !) et se révèle absolument passionnant. A croire tous ces scientifiques, nous sommes plongés dans un immense jeu de force et d’énergie qui se livre au grand jeu de la création : des galaxies, des planètes, des êtres…

Outre de saisir par les idées et les mathématiques l’arrangement générale de ces phénomènes, on ne peut que s’interroger sur la validité quotidienne que l’on fait de notre réalité. On ne se pose pas la question, bien sûr, de savoir si ce que je vis est bien présent (on deviendrait tous fous à force) mais considérer que le temps peut se déformer, que des dimensions parallèles existent aux nôtres (non ce n’est pas de la science fiction), qu’à des degrés infimes, mon bureau n’est qu’une multitude de cordes musicales en mouvement, que d’immenses trous noirs se baladent au milieu du cosmos…, montrent à quel point nous sommes précisément envahis d’une lourde invraisemblance

Ou plutôt, devrais-je dire, d’une merveilleuse magie 

Par Vanden - Publié dans : Monde diamant - Esthétique
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 18 septembre 2008

Le nom de José Saramago constitue depuis longtemps une rumeur insistante à mes oreilles. Le plus étrange, c’est qu’après cette première lecture, la rumeur a amplifié, glanant au passage nombre d’idées vagabondes et dirigeant mon attention vers ses autres livres...

 

L’autre comme moi raconte l’histoire d’un homme qui découvre un jour sur une cassette vidéo qu’un être similaire à lui existe. Même physique, même voix, même caractéristiques générales. Tertuliano Afonso, le personnage central, tente donc de percer le mystère chaotique de ce phénomène. Sur plus de 300 pages se délayent alors toute l’inquiétude de cette erreur floue et cruelle de la nature. Le double, l’identité, la présence de l’altérité, l’absurdité, l’ironie, tout y passe. Saramago nous entraîne dans un récit brillant, pointu, parsemé de la lourde pesanteur existentielle que représente le fait de notre unicité.

 

Et quand bien même s’égare-t-il parfois, aspiré lui-même par une littérature de haute qualité, nouée de phrases labyrinthiques et aiguisées, l’auteur montre selon moi à quel point l’altérité exerce une pression sur l’individu. La question identitaire est centrale (perdre son unicité) mais le récit s’étire davantage et souligne la puissance de la présence d’un autre, y compris un autre différent. L’être, en face d’un congénère, devient sollicité de toute part : autrui hisse des doutes, des fantasmes, des idées perdues, des angoisses, etc, et nous rappelle sensiblement à quel point l’être humain est d’abord un être social, qui se développe dans l’interaction et ses turbulences.

 

Oserions-nous admettre que les autres nous forgent l’âme ?

 

A découvrir

 

José Saramago est prix Nobel de littérature

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 10 septembre 2008
Allan écrivait, seul, à la lueur d’une bougie. […]
« Sans mots pour l’habiller, le paysage des choses m’épouvante. Je me promène parmi des objets immondes aux formes insensées et à la géométrie terrifiante. Chaque matin, il faut faire face au renouvellement de l’absurdité. Le phénomène est plus flagrant la nuit. L’immense balade quantique des lignes. Leur dilution. Leur fragmentation. Leur déstructuration mathématique. Souvent, dans ma chambre, les périmètres se dissolvent. L’obscurité laisse d’amples taches estompées qui dansent dans le néant. A croire que le tourment nous aide à mieux sentir le monde. »
Cette fois, il planta sa plume dans l’encrier et se recula sur sa chaise. A quatorze ans, lorsqu’il déménagea du village avec son père, il ne s’attendait guère à ce qu’un destin le suive avec tant de turbulence. La lettre d’Armistice exhalait des odeurs de terre et de bois...

In L'Eternité de l'Enigme.


Photo : Al Magnus
Par Vanden - Publié dans : Monde des Songes - Ecrits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 6 septembre 2008
" Avec l'âge, ce qui séparait le vraisemblable de l'invraisemblable avait tendu à devenir moins net pour moi; je me rendais compte que le monde entier avait quelque chose d'un peu invraisemblable. "

Colin Wilson
Par Vanden
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 4 septembre 2008

Je me disais, l’autre jour, qu’il serait bien appréciable de considérer la vie comme une lente expansion de soi dans le temps…

Admettons que notre présence sur Terre ressemble à une mystérieuse et poétique errance, que la plupart d’entre nous ont une sorte de confiance en la perduration de leur être (en l’absence de quoi nous nous serions déjà tous donnés la mort), que demain comporte assez d’intérêt pour nous laisser s’y mouler… Alors, me semble-t-il, l’inscription du monde dans l’économie psychologique de l’individu m’apparaît dotée d’un formidable mouvement dynamique : une sorte d’étirement de l’âme à la mesure du temps qui s’égrène… A quelle fin se destine cet étirement, et dans quelle direction celui-ci se déploie, voilà d’autres questions qui feront sans nul doute l’objet de commentaires ultérieurs…

Mais voici ce qui m’apaise au milieu de la densité poétique du monde : l’énergie indéfinie qui nous anime l’esprit, les émotions, la curiosité…, cette impression profonde qu’avec le temps la sensation d’existence devient plus familière, volée au milieu des heures errantes, usée avec un doux plaisir…

 

L’automne naissant nous dépose 676 nouveaux livres…

Bonne rentrée littéraire à tous,

Jérémie

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 3 juillet 2008

Encore un enchaînement de jours vaguement enroulés dans le passé qui s’estompe lentement… Cette longue année, riche et vivante, se ramollit. (depuis tout petit je compte les années en années scolaires…). Les heures se chargent progressivement d’une langueur sourde, le monde devient pâteux et brillant, les rues plus silencieuses. Au travail, les stores tirent des bandes ensoleillées dans les pièces, les ventilateurs rafraîchissent les visages suaves, on se fait des sourires heureux et fatigués… L’été nous calme et nous enveloppe, la nature déploie des couleurs denses et fragiles, s’offre de beaux feuillages, dépose des ambiances tendres le soir…

Le départ en vacances approchent. Les songes de ce blog vont donc aller se promener ailleurs, dans les mystérieuses brumes de la Bretagne, près des mers sauvages et magnifiques, près des côtes rocailleuses et aériennes… Dans une atmosphère estivale, un peu mystique... pleine de légendes…

Deux longs mois pour écrire, penser, lire, se reposer…  

Merci à tous les lecteurs de ce blog !

 

Je reviens ici en Septembre avec, peut-être, une orientation légèrement différente du blog…

 

A très bientôt,

Jérémie

 

P.S lecture d’été : Ruez-vous sur le Théorème d’Almodovar d’Antoni Casas Ros ! L’histoire d’un homme défiguré qui va s’éveiller par l’art… Montedidio d’Erri de Luca est très bien aussi : le quotidien d’un quartier napolitain vu par un enfant de treize ans, poétique et cruel, comme la vie…


Par Vanden - Publié dans : Monde Blanc - Quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 27 juin 2008

Un certain nombre d’artiste aiment à dire que leur activité s’est imposée d’elle-même.

Quand bien même conjecturent-ils quelques vagues justifications sur la manière dont il dépense leur temps à créer, nombre d’entre eux évoquent une sorte de nécessité quasi ontologique, une pression intérieur, un engagement total vers l’univers de la construction mentale et des émotions. Cette impression colossale se ressent surtout lors des longues périodes assez cruelles pendant lesquelles l’artiste n’est pas à l’œuvre. Si, en raison de divers éléments de la vie quotidienne, il m’arrive parfois de ne pas écrire pendant plusieurs semaines, je sens l’accroissement d’une véritable tension. Aussi est-il possible que, parmi les nombreuses explications que l’on peut trouver pour expliquer l’activité artistique (voir ici), l’une d’elle consiste en un formidable soulagement.

Mais de quoi se soulage-t-on ?

Et bien, sans utiliser de concepts psychologiques trop complexes, il me semble que l’on se soulage de l’Enigme du monde. En soulevant, parfois lourdement, nos pensées, nos émotions, nos envies, en fabriquant des mondes imaginaires, des représentations, des mélodies narratives, musicales, idéiques, nous rendons la vie moins mystérieuse. Nous ré-expérimentons, avec nos pensées cette fois, l’intrigue de notre présence et de celle de l’univers. Bien sûr, ce que j’aime à nommer « L’Enigme Originelle » de notre présence ne trouve pas de solution, l’art n’apporte pas de solution d’ailleurs, mais nous nous approchons d’une sorte d’éprouvé qui nous engage avec la Terre, les autres, la vie.

Si je ne crois pas que l’art soit toujours la bonne méthode pour tout le monde (ici), il participe chez la plupart d’entre nous à un formidable mouvement d’éveil


 

Photo : Al Magnus (Aller voir cet artiste ! Ici)

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 20 juin 2008

Aujourd’hui j’ai reçu le mail d’une petite maison d’édition parisienne qui ne peut publier mon manuscrit, en raison, dit-elle, de ces quotas annuels déjà atteints. Jusque là, j’accueille le message avec une résignation tragique en accusant la vie de jouer un petit peu trop souvent avec la vanité des êtres. Et puis, je lis la suite :

« La qualité de votre manuscrit n'est pas en cause et il a même été plutôt bien accueilli par notre comité de lecture. Nous espérons qu'un confrère pourra vous donner votre chance sinon n'hésitez pas à revenir vers nous. »

Bon voilà. C’est peut-être pas grand chose mais ça fait quand même du bien…

Merci donc à cette petite maison d’éditions…

Par Vanden - Publié dans : Monde Blanc - Quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 17 juin 2008

Voici un roman qui mérite une bien belle attention. Et pour cause : Carole Martinez vient de promener mon esprit dans une épopée délicieuse et subtile.

Le roman raconte le destin d’une famille excentrique et surnaturelle à travers le sud de l’Espagne et le nord de l’Afrique. Après avoir reçu d’un héritage d’outre-tombe un mystérieux équipement de couture, Frasquita Carasco, la mère, insuffle de la vie à tout ce qu’elle tisse. Deux éventails se transforment en papillon, une robe de marié fane sous le regard jaloux des villageois, un cœur de chiffon se met à battre… Elle transforme les éléments du paysage en fils fantastiques, absorbe la couleur des étendues arides, brode avec des fils de lumière. Et puis son destin se réveille et s’engage dans une onctueuse errance poétique. Chaque page est une surprise. L’auteur érige la destinée de toute une famille en multitude de petites histoires. Presque tous les chapitres contiennent une petite fable et tisse un merveilleux conte global. Carole Martinez nous entraîne dans une narration simple, accrocheuse, sans complexité. Elle tangue sans cesse entre la magie et la tragédie, la cruauté et la douceur.

Le livre est rempli de petites trouvailles qu’il serait dommage de divulguer ici. Sachez juste qu’on rencontre des sorcières, des révolutionnaires, la mort, des ogres, des paysans obsédés par des coqs, des bébés lumineux, et j’en passe tellement les aventures foisonnent. C’est simple, il y a de tout dans ce livre : du surnaturel, de l’historique, de l’aventure, du familiale, du voyage, du tragique, de l’absurde, etc, etc…

Merci à Mme Martinez d’avoir colorié le monde avec de gros feutres d’enfants et mille troubles poétiques…

 

Distinction 2007 : Ouest France étonnant voyageur, prix Emmanuel Roblès, bourse de la découverte, prix prince pierre de Monaco, coups de cœur des lycéens de Monaco, prix du premier roman de Draveil, Ulysse du premier roman, Renaudot des lycéens, bourse Thyde Monnier…

Rien que ça…

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Recherche

Cieux

<a target="_blank" href="http://www.wikio.fr/subscribethis?url=http%3A%2F%2Fjvanden.over-blog.com%2F"><img src="http://www.wikio.fr/shared/images/wikiothis/fr/abblue.gif" style="border: none;" alt="http://www.wikio.fr"/></a>

Songe en cours...



Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus