« L’homme ne désire pas connaître mais sentir infiniment » La phrase est de G.Léopardi, un poète. Je ne sais pas, pour ma part, ce que l’homme désire réellement
(disons qu’on peut avoir des pistes…) mais il n’est pas exclu que cette phrase contienne une sorte d’intuition profonde sur l'un des aspects fondamentaux de notre constitution. Un bon nombre
d’auteurs aujourd’hui considère en effet que les émotions organisent notre rapport au monde. Dit autrement, une bulle émotionnelle qui gonfle va cibler l’attention d’un individu lambda sur tel ou
tel lien qu’il y a dans le monde. Par conséquent, le sentiment déterminera plus ou moins la perception. Par exemple, si aujourd’hui vous vous sentez triste, invariablement votre attention se
centrera plus que d’habitude sur des pensées, des évènements, des rêveries tristes. Sentir organise les choses.
Pourrait-on dire alors que sentir infiniment teinte le monde d’étrangeté, de la familière étrangeté (Freud) ? Quoiqu’il en soit, sentir infiniment m’apparaît être une exercice très excitant…
Et vous, comment éprouvez-vous les choses ?
Par Vanden
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De toute évidence, un tel billet n’intéressera pas tout le monde, mais je ne peux m’empêcher de penser que d’aucuns pourraient y trouver quelques comptes. Voici comment Milena Agus introduit l'un
de ses personnages principaux dans son roman et surtout comment elle l'insère dans le fil de son histoire :
Il s'agit d'une scène de rencontre.
1 – L'héroïne est dans un lieu et s’adonne à une activité.
2 – Mme Agus utilise ensuite un style direct : « Un homme avec une valise entra dans la salle à manger… ». S’ensuit une description de l’effet provoquée sur l’héroïne par cette
entrée.
3 – Mme Agus construit la description du personnage entrant : « Le Rescapé avait une méchante valise mais il était vêtu…etc. »
4 – Se succèdent trois paragraphes généraux sur la manière dont les personnages se rapprochent. Le premier de ces paragraphes commence par : « Les jours suivant… »
5 – Irruption d’un évènement perturbateur, le schéma narratif est bousculé par l’introduction d’une modalité de temps, « un soir », et du passé simple… Les
deux personnages entrent en interaction.
Vous retrouverez le passage souligné ici aux pages 33-34 de Mal de pierres (Editions Liana Levi)
A supposer que pour la première critique littéraire, je fasse dans la facilité ? Devrais-je me priver d’évoquer le « Mal de pierres » de Milena Agus sous prétexte qu’il croule déjà sous moult éloges ? Bien sûr que non.
Sans doute plusieurs d’entre nous font-ils partis des ces gens qui trouvent les journées vraiment trop courtes. Tant de choses à faire, tant de choses à penser, on accroche un mince fil de temps tandis que de pathétiques tentatives nous poussent à broder, à se faire une petite vie en quelques heures seulement. C’est le pari réussi de Milena Agus, une vie en quelques heures.
Le livre est court (123 pages) et a pour sujet la vie (amoureuse) d’une femme racontée par sa petite fille. Non seulement l’écriture est fluide, simple, sans ornements inutiles, mais davantage, il est incroyable de constater avec quelle acuité l’auteur capte l’essentiel de son personnage. On croit qu’il faut des tonnes de pages, que les humains sont très complexes, chaotiques, difficiles d’accès à la raison. Milena Agus montre que le point de vue inverse existe, qu’un simple condensé d’émotions peut exploser au visage. A souligner de même une minuscule goutte d’étrangeté qui épice et colore toute l’histoire. Bref, un régal.
A lire, lire, lire, des tonnes de bouquins, certains n'ont de toute évidence pas l'espèce de prétention absolument délicieuse de rester gravé dans la mémoire. Il y en a pourtant qui m'ont marqué grâce à une seule phrase ! (hé oui ! ) C'est le cas de
Mars de Fritz Zorn (éditions Gallimard - je reparlerai de cet ouvrage tristounet mais divinement bien écrit...).
Le narrateur est en train d'esquisser les traits d'un personnage quand il annonce au détour de quelque ponctuation que ce même personnage est "c
apable et désireux de se mesurer à tout".
Je ne vous raconte pas le nombre de fois qu'une telle phrase a pu tourner dans ma tête. Quelle ambition, quel narcissisme, quel courage, quelle merveille ! Capable et désireux de se mesurer à tout....
Aussi, venais-je donc d'avoir la confirmation d'une intuition qui s'amusait souvent à osciller dans le chaos de mes émotions : il n'y a pas un instant à perdre ! Pour tout, pour n'importe quoi !
Par Vanden
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Certains jours, il faut bien avouer que les activités humaines me paraissent réduites. Les envies passent comme les nuages, reviennent, toussent un arc-en-ciel par ci par là, tonnent, nous offrent
quelques prises pour rester encore un peu accrochés au monde.
En outre, il est préférable d'y rester accrochés à ce monde. N'oublions pas que la folie garde un oeil vigilant sur les égarés.
Quand bien même nous doutons, on ne pourra me soustraire à ce triangle scintillant : lire, écrire, rêver.
Le contenu de ce blog ne peut être plus explicite, je vais parler de littérature, d'écriture (dont mon livre !
L'Hypothèse Crépuscule ) et bien sûr, de longs et de magnifiques
voyages....
C'est parti....
Petite vie minuscule, tu es très jolie.....
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