Vendredi 21 mars 2008

Et bien voilà, pour toutes les personnes qui sont intéressées par la publication de leur manuscrit, les blogauteurs propose la version 2009 de leur concours. Si votre manuscrit est choisi parmi les 5 meilleurs, il sera soumis aux votes des internautes. L’enjeu est de taille puisque le gagnant remporte une publication chez PLON (rien de moins !).

 

Toutes les infos et le règlement ICI.

Par Vanden
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Mardi 18 mars 2008

undefined Par des chemins hantés, obscurs, aux odeurs de tourbe et de fumée, aux endroits abandonnés où flottent des nuages brûlés, lorsque les fantômes esseulés se rejoignent, et qu’assis sur les troncs blancs, ils songent aux étoiles et au monde,

 

Quand au bout des êtres, aux pieds des adrets funestes, aux mauvaises forêts cendrées, le crépuscule renverse de vastes taches d’ombres sur les terres et les reliefs, aux heures où les âmes s’évaporent, et errent lentement dans le parfum des sous-bois,

 

Quand les cloches de fer chavirent lourdement, tintinnabule ! tintinnabule ! au milieu du vent, et que s’élèvent les cliquetis et les craquements, le chants langoureux des plaintes, que les maisons se mettent à bouger et s’avancent comme une vieille fanfare damnée,

 

Par delà les contes et les réalités, à la fin des horizons, près des vallons étouffants et titanesques, où s’arrêtent les pas rêveurs, quand les larmes scintillent sous la lune, que les créatures aboient, que les tourments claironnent dans la clameur des esprits, que les énigmes tambourinent,

 

Quand les tuiles d’ardoise se cognent dans la nuit,

 

Quand les mères et les pères traînent derrière les arbres, morts, et se cachent en espionnant, quand ils murmurent des complots et d’abominables idées, qu’ils se raclent pour expirer un ricanement, que les montagnes minérales grésillent et se courbent pour nous enfermer – une dernière fois un regard vers les flots lumineux du ciel – quand de mystérieuses vapeurs, enfin, viennent nous délivrer.


Premier écrit d'Allan Tartacap, personnage.
in L'Eternité de l'Enigme.
Jérémie  Vanden.

Par Vanden - Publié dans : Monde des Songes - Ecrits
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Vendredi 14 mars 2008

salon-du-livre.jpg L’ouverture du salon du livre de Paris 2008 a été inaugurée hier soir. J’y serai samedi avec ma compagne sauf que, contrairement à l’année dernière je ne signe rien cette fois. Outre qu’une telle absence peut m’éviter une séance humoristique gênante (ICI), ou bien une vague sensation de petitesse (ICI), je ne me voyais pas recommencer la promotion de L’Hypothèse Crépuscule. Non seulement l’ouvrage me paraît mentalement très loin, mais davantage, d’autres projets se sont levés depuis et aspirent toutes mes forces.

Il n’empêche que c’est comme un joyeux badaud que je vais donc me rendre à Porte de Versailles. Alors oui, je sais, je sais, que certains considèrent ce salon comme une sorte de Fnac géante où l’arnaque suprême réside dans le fait qu’il faut payer une entrée pour aller acheter des livres. L’argument se tient mais voilà, c’est plus fort que moi, me retrouver entouré de toutes ces colonnes de bouquins, me sentir submergé par la littérature, rencontrer d’éventuels auteurs (Le rapport de Brodeck m’a tellement fasciné que Philippe Claudel à 15 heures ne va pas y échapper !), et même d’éventuels collègues blogueur (Sébastien notamment), m’emportent vers des joies simples et naïves…

Une manifestation agréable, propice à l’égarement des émotions…

Tous au salon !

 

Plus d’infos ICI.

Pour Sébastien c’est LA

Par Vanden
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Samedi 8 mars 2008

vTlXBj.jpeg Je viens de lire un article très intéressant dans le magasine Ecrire, n°101, qui établit une distinction entre le Beau et le Sublime.

En s’appuyant sur Kant, Marie Martin, la journaliste, associe le Beau à une impression d’harmonie ; de complétude, « une exquise proportion entre le tout et les parties ». « Le beau, écrit-elle, nous touche mais il ne nous transporte pas, il se suffit à lui-même. »

En revanche, la propriété première du Sublime est celle du transport. Il enveloppe notre âme, amplifie le réel, participe à un gigantesque et colossal mouvement de gonflement du monde, et nous élève tout entier à des dimensions ineffables. Pour l’auteur, trois conditions sont nécessaires : « Il faut être touché, être transporté, être submergé. » Et elle prend des exemples : « Le spectacle d’une prairie en fleurs peut être beau ; mais celui d’une tempête à la pointe du Raz peut être sublime. »

Pour ma part, je comprends parfaitement où elle veut en venir. Il existe dans la littérature de véritables envolées existentielles ; de celles qui consolent un peu du monde et qui participent à l’accroissement des êtres. Le sublime est probablement une finalité en soi car il s’associent à la plus formidable des émotions : l’émerveillement.

 

 

« Par une sombre route déserte, hantée de mauvais anges seuls, où une Idole, nommée Nuit, sur un trône noir règne debout, je ne suis arrivé en ces terres-ci que nouvellement d’une extrême et vague Thulée »

Edgar Poe – Terre de songe – Poèmes.

 

« Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe,

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleurs. »

Victor Hugo – Les Contemplations.

 

« De l’éternel Azur la sereine ironie

Accable, belle indolemment comme les fleurs,

Le poète impuissant qui maudit son génie

A travers un désert stérile de douleurs. »

Stéphane Mallarmé – Poésies.

 

Les deux autres billets sur la belle phrase sont ICI et ICI.

Par Vanden - Publié dans : Monde diamant - Esthétique
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Mardi 4 mars 2008

metamorphosis.jpg Et bien voilà, hier, à des heures où la nuit s’effondre sur les rues et souligne le mystère inhérent à l’état des choses, j’ai mis un point final à mon roman.

Quelle drôle de sensation, celle de la fin. Un an et demi que j’essaie d’articuler la trame existentielle de six personnages. L’un des objectifs était le suivant : traduire d’une manière ou d’une autre l’ampleur du monde.

Un an et demi que je tente de soulever mille images et mille pensées au-dessus la réalité. Je ne sais pas si je fus adroit ou non dans cet exercice, si le texte, le rythme, le style sont d’une qualité suffisante pour lever l’imagination et la réflexion, mais… c’est terminé. Le point final a résonné comme une lourde cloche au milieu de la nuit.

Il me reste quelques modifications et tout un travail de sculpture, et puis ensuite je pars sur les route, avec un petit balluchon et ma trousse de survie, à la recherche désespérée d’un éditeur.

L’aventure s’annonce difficile tant le milieu littéraire paraît sélectif.

Ah et j’oubliais, il y a ce drôle de phénomène : déjà l’envie d’écrire un autre roman, déjà une nouvelle idée, déjà de puissantes images…

C’est grave docteur ?


Peinture : Vladimir Kush

Par Vanden - Publié dans : Monde des Songes - Ecrits
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Vendredi 29 février 2008

Aujourd’hui, vu sur le blog d’Elizabeth Robert, les éditions CADENCES lancent un appel à texte.

Après une exposition sur internet, les éditions seraient amenées à proposer une publication.

Toutes les infos ICI.

A vos plumes !

Par Vanden
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Mardi 26 février 2008

atlas.jpg Le monde des songes est un phénomène fascinant. Quelle drôle de sensation ressent-on lorsque, passionné par l’étrange univers des humains, on s’intéresse au théâtre privé de nos pensées ? D’innombrables essais grossiers échoueraient à décliner nos songes et sans doute une telle activité comporterait-elle d’ailleurs peu d’intérêt. Mais si l’on prend quelques manifestations sporadiques, on observe un époustouflant monde vivant.
Je veux d'abord parler des idées, ces singulières compositions qui peuplent nos esprits. Car loin de n’être qu’un stratagème efficace pour survivre dans un environnement, l’idée est un phénomène profondément poétique. Aussi est-il incroyable de voir à quel point la vie ne suffit pas à l’Homme et dans quelle mesure il se dépense pour inventer des connaissances sur lui-même et son environnement. Or, au-delà de la recherche d’efficacité, l’idée, par son caractère spontané et brutale, éphémère et mortel, contient de la passion. C’est à cet égard, me semble-t-il, qu’elle peut s’élever au statut de poésie. Comme le vers, l’idée engage l’être avec le monde.

L’idée est un lien vers l’état des choses.

Il en est de même pour les rêveries et le maniement délectable des pensées douces et réconfortantes, de l’élévation imaginaire de la réalité, de l’infiltration onirique de l’existence, de la dégustation volontaire du vagabondage des représentations. Que dire de nos errances méditatives, de l’effort déraisonnable à pratiquer de la sensualité rêveuse, de la vanité des abstractions ?

Rien.

Seulement, arrêtons-nous un instant, juste un instant, sur ce monde et cette vie des songes qui semblent s’ériger au-dessus du temps, de l’espace et des populations ; un monde et une vie peut-être inutiles ou néfastes, mais auxquels nous sommes entièrement soumis.


Peinture : Vladimir Kush

Par Vanden - Publié dans : Monde diamant - Esthétique
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Vendredi 22 février 2008

face-aux-t-n-bres.jpg « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Voici le genre de phrase qui interpelle William Styron à un moment où il se consacre au terrible récit de sa dépression. Face aux ténèbres est un livre court (128 pages en poche) et profondément intense quant à la description minutieuse (et réellement phénoménologique) de ce que peut vivre un être au prise avec cette malheureuse maladie psychique.

Je ne me livrerai pas ici à un commentaire détaillé sur la question de la dépression et de sa place chez l’Homme et dans nos sociétés, bien qu’une telle discussion fût à mon sens des plus riches.

En réalité, l’auteur nous montre l’aisance remarquable avec laquelle un phénomène psychique, même passager, peut complètement altérer le rapport d’une personne au monde. Styron est considéré par nombre de commentateurs littéraires comme l’un des plus grands auteurs américains de notre temps et, en-dehors d’un style impeccable d’écriture, on ne peut nier la profonde passion qu’il emploie à chercher et à extraire de la vitalité. Phénomène des plus importants car directement corrélé à notre confort et à notre souci d’organiser notre vie de manière à ce que la question de la mort ne se présente pas trop souvent devant notre existence angoissée. Rappelons Schopenhaueur : « Le suicide est une question que l’homme pose à la Nature, essayant de l’obliger à répondre. La question est : quel changement la mort apportera-t-elle dans l’existence d’un homme et à sa compréhension de la nature des choses ? »

Le livre de William Styron devient de fait indispensable car en peignant minutieusement les effets de sa dépression, l’auteur parvient à disserter sur notre condition et le caractère fragile de notre volonté à vivre et à prendre goût au monde. Et au-delà, il montre l’impasse de la dysphorie, du pessimisme et des constats aigres que font les êtres humains sur eux-mêmes et leur condition.

Et là nous sortîmes pour revoir les étoiles.

Un livre touchant et nécessaire.

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Vendredi 15 février 2008

undefined « Que reste-t-il de sa personne aux heures implacables où un homme se trouve seul avec lui-même ? »

Telle est la question que se pose l’un des personnages de La Vie Privée, une nouvelle de Thomas Mann, à propos d’un autre personnage dont la vie n’a d’intérêt qu’en société. Cette question, tandis que je lisais tard hier soir le fabuleux recueil intitulé La redevance du fantôme, m’a foudroyé sur place. Car de toute évidence, l’auteur s’interroge sur ce que nous sommes quand, une fois désengagés de la sphère publique, nous tentons d’entrevoir notre âme au regard du destin, parfois très vague, que nous tentons de nous construire un peu tous les jours.
Sans doute l’auteur ne souhaita-t-il pas s’embourber dans des considérations intellectuelles trop élevées, proche de l’inanité en évitant de se demander si la vie a un sens ou bien s’il ne faut pas supporter, tout simplement, l’absurdité environnante. Autrement dit, ne pas trop chercher à savoir, ne pas trop se poser de questions… Peut-être pour s’économiser maints tourments d’ailleurs.

Au contraire, nous sommes ici dans le domaine très concret de savoir ce que chacun d’entre nous fait de son existence, comment il manipule son quotidien pour obtenir les gratifications qu’il s’est sélectionné, les valeurs qu’il s’est crée pour s’orienter dans ce grand brouhaha d’animation cosmique.

Autant dire que Thomas Mann tape là où ça fait mal, car il filtre (il essore je dirai) en quelque sorte l’être pour en extraire l’essence fondamentale. Et alors, il se rend compte que son personnage n’a pas d’essence fondamentale. Bien sûr, sa question est à l‘image de ses personnages : elle est hantée.

Et, si, après tout, il n’est pas nécessaire de rendre des comptes sur ses actes aux autres, en est-il de même avec soi ?

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Mardi 12 février 2008

Et bien voilà, presque 10 mois que je passe à travers les swaps, les tags et les chaînes en tout genre qui traînent parmi les blogs. C’était trop beau et le sadisme de Bon Sens n’a pas pu résister ! Et bien soit ! Il faut apparemment dire six choses qui nous correspondent, disons que pour cette fois je vais dire six choses que je n’aime pas.

Alors, je n’aime pas :

-         Les trucs « people » Je ne comprends pas les proportions cosmiques que prennent la vie des stars. Je considère que le phénomène est mystique. (brrr… ça fait vraiment peur quand même…)

-         Les éditeurs qui vont refuser mon prochain roman (Là, je sais quoi faire, mon noeud coulant est prêt)

-         D’avoir continuellement envie de m’acheter un paquet de clopes après un an et demi de sevrage. Cette situation absurde me désole. Une blague céleste, je vous jure.

-         De ne toujours pas savoir faire un nœud de cravate en dépit des démonstrations répétées de mes amis. C’est bien au-delà du stade de la dyspraxie, il y a quelque chose de paranormal…

-         Les gens qui savent siffler. Et bien oui, j’ai beau former de jolies cœurs avec mes lèvres et m’appliquer le plus sérieusement du monde, avec un regard profond et pénétré, je N’Y ARRIVE PAS ! Une maladie génétique peut-être, un chromosome tordu, une aberration de ma destinée, que sais-je ? Une véritable catastrophe existentielle.

-         Les blogs qui s’appellent « La promenade des songes », ça, c’est n’importe quoi...

Bon alors après il faut que je trouve d’autres gens ? Dur, dur Bon-Sens… Là je demande un sursis… hé hé…

Par Vanden - Publié dans : Monde vert - Humour
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