Vendredi 8 février 2008

maurice-bejart1.jpg J'ai assisté hier soir à la première parisienne du Tour du monde en 80 minutes, un ballet signé Maurice Béjart.
Si mes passions s’étendent à la littérature bien sûr, à la musique, à la peinture, la photographie, etc., je dois bien avouer que la danse fut jusqu’alors un art obscur qui n’a jamais vraiment convoqué en moi un intérêt quelconque. Aussi cette soirée fut-elle mon baptême.

Et bien je l'admets : j’ai passé un fort agréable moment. Je ne me permettrai pas ici d’interpréter le spectacle, mes connaissances en la matière étant limitée (c’est quoi un pas de deux ?) mais j’ai été frappé par l’énergie vitale des danseurs. Pendant un peu plus d’une heure, des hommes et des femmes ont déployé des mouvements avec une telle grâce que tout se passait comme si l’univers n’avait aucune espèce d’importance autre que celle de danser, danser, danser, soulever son corps au-dessus de la lourde pesanteur terrestre, tournoyer, et atteindre des cieux oniriques dont eux seuls disposaient. bol-ro-ravel.jpg
Le spectacle posthume de Maurice Béjart nous conte le monde mais, ce qui risque d’étonner les ignorants comme moi qui daignaient laisser la danse à quelque élite, c’est de s’apercevoir que les êtres pulsent et s’animent, en plongeant avec émerveillement dans l’inutilité de leurs actes, tout en élevant au rang de la conscience l’importance de la légèreté et de la beauté.

Qui va dire que cela ne nous aide pas à vivre ?

Par Vanden - Publié dans : Monde Blanc - Quotidien
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Mardi 5 février 2008

mort---venise.jpg J’ai souvent entendu des avis très partagés sur l’œuvre de Thomas Mann. Le style extrêmement dense, le rythme lent, les thèmes complexes, des structures de récit minutieusement calculées, une pensée vaguement diluée, peuvent, selon les critiques, soit devenir les produits d’un auteur de génie soit ceux d’un auteur proportionnellement ennuyeux à sa réputation. Quoiqu’on le reconnaisse comme un auteur « classique », il n’en est pas moins soumis à toutes ces divergences. C’est donc avec méfiance et excitation que j’ai commencé La mort à Venise, une petite nouvelle, l’une des plus fréquemment citées dans l’œuvre de l’auteur. Déjà, pour tout dire, le préambule d’Alex Nesme et Edoardo Costadura ouvre un bel appétit littéraire car voilà que les deux traducteurs dissertent sur l’art : «… fait de Venise la capitale de la supercherie. […] puisque l’art n’est jamais qu’aventure des sens, aventure du sentiment et humiliation de la vérité. » Je sentis un sourire discret me chatouiller les lèvres…

L’ouvrage raconte l’histoire d’un écrivain qui part en vacances quelques jours à Venise suite à une sorte de sentiment de saturation existentielle. Au fil des jours s’installe la fascination insidieuse envers un jeune adolescent à l’esthétique physique parfaite. Gustav Aschenbach, l’écrivain, plonge alors dans un délire étrange au milieu des rues de la ville et accuse une salve d’obsessions tourmentée. Pour reprendre les critères que j’ai émis ci-dessus, le style est riche, le rythme envoûtant, les thèmes passionnants, la structure profondément maîtrisée, le propos visiblement aiguisé.

Sans doute l’auteur s’attache-t-il à décrire avec acuité les turbulences liées à la beauté et à l’illusion qu’elle recèle.  Il est surtout intéressant de considérer la démesure du monde et de voir à quel point un événement, quelle qu’il soit, contient assez d’enchantement pour créer dans l’âme d’un humain un brouillard profond sur ce qui l’anime. Car au-delà de la beauté et de ses revers, c’est bien une perte totale de sens que vit avec une douleur presque savoureuse le héros. « La solitude engendre l’original, une beauté audacieuse et surprenante – le poème. Mais la solitude est aussi génératrice de déviation, de disproportions, d’absurdité et de transgression. », écrit Monsieur Mann.

Ensuite, on ressent un phénomène singulier : on se dit que parfois le néant infiltre nos actes. Et là, ça fait tout drôle…

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Mercredi 30 janvier 2008

Charnine_A_Day_in_the_Clouds.jpg « Le hasard c’est le déterminisme qui voyage incognito », écrit Gaston Bachelard à la suite de ses réflexions sur la science et ses objets. Depuis que l’être humain lutte pour améliorer son confort au milieu de l’âpreté de l’univers, il cherche à rendre son environnement intelligible et compréhensible. La meilleure preuve de compréhension d’un phénomène est de pouvoir le reproduire et ainsi, isoler le processus causal ou la combinaison de facteur qui a mené à l’occurrence de la chose. En prédisant un événement, par exemple une réaction chimique, nous injectons du déterminisme à la manifestation de ce même événement. Autrement dit, nous concevons que cette réaction devait apparaître car toutes les causes sous-jacentes en étaient réunies. Bien sûr, rendre le monde déterministe ne nous gêne pas, au contraire même, mais qu’en est-il si l’on souhaite étudier les comportements humains ? Voilà que tout se complique car nombre de spécialiste de la psychologie (disons des sciences humaines d’une manière général) essaient de comprendre ce qui produit un phénomène ou non. L’ouvrage est très utile dans le champs de la santé mentale ou de la prévention sociologique. Seulement voilà, en trouvant les causes de nos comportements, nous attribuons à ceux-ci une sorte destin inéluctable, déterminé, et causal : par exemple, certains expliquent les comportements violents comme le produit des interactions entre l’individu et son système familial.
Or, la mise en évidence de tous ces facteurs s’oppose au libre-arbitre. Si notre esprit est fait de tel et tel processus, nous ne sommes plus les maîtres de nous-même, nous ne sommes plus libres, chacun de nos gestes devait de toute façon arriver. Ainsi, si je pense de telle ou telle manière c’est peut-être dû à mon milieu social, au nombre de stimulation culturelle que j’ai reçue, à l’investissement psychologique que j’ai pu y mettre, etc, etc… Il y a là un paradoxe fondamental : l’Homme cherche à trouver les causes de ce qui l’anime afin d’être plus libre mais s’il les trouve il mettra à jour la toile déterministe qui contrôle tous ses idées et gestes.

Fort heureusement, au milieu du XXème siècle, la théorie du chaos est apparue comme notre grande sauveuse en prônant un nouvel angle de vue par le biais de la probabilité et de l’aléatoire. L’univers peut désormais être à la fois déterminé et chaotique. Mais il devient aussi inaccessible...

Donc, nous restons libres et angoissés…



Peinture : Vladimir Kush

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Vendredi 25 janvier 2008

escalier3.jpg …Sans que je parvinsse à deviner davantage les mécanismes du monde, je n’en ressentis pas moins une drôle de turbulence, vague, aigue, derrière l’âme. Quoique je n’eusse guère l’esprit à la méditation, l’heure étant tardive, je m’accordai quelques minutes de contemplation autour des lueurs tombantes des lampadaires. Car bien au contraire de les dissimuler, j’admis désormais que la nuit révèlât l’état des êtres et des choses, et probablement souligna-t-elle, bien au-delà de notre imagination, quelque mystère ineffable. Ainsi mon corps accueillait avec hospitalité des extases fuyantes, et laissait le monde errer dans mon esprit comme un phénomène esthétique inné, remarquable et incompréhensible. Je levai la tête vers les cieux. Des cristaux de nuit scintillaient sans que leur dimension ne soulevât d’autre manifestation que celle d’un mouvement de cœur et d’apaisement. De sorte que, l’esprit lénifiant, je hissai moult rêveries vagabondes. Je m’assis sur le sommet des marches. En bas, les rues s’engouffraient dans la ville orange et portaient une drôle de danse humaine. Je me situais tout en haut de cet escalier, en spectateur du monde, et rien ne vint troubler mes petits tourments. Je posai ma tête sur mes genoux et croisai mes bras. On eut sans doute pensé que je boudais l’univers. En réalité, je l’aimais, tout simplement…

Par Vanden - Publié dans : Monde des Songes - Ecrits
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Mardi 22 janvier 2008

livre-de-ma-m--re.jpg Parmi tous les livres qui m’ont enivré et qui ont convoqué en moi une certaine forme d’admiration, peu sont aussi bouleversants que Le livre de ma mère. A tel point d’ailleurs - autant l’avouer - qu’il est difficile de présenter cet ouvrage sans tomber dans un piège émotionnel étrange, délicieux, nostalgique, … soyons francs, un peu douloureux. Albert Cohen nous met en garde pourtant : « En somme on s’installe dans le malheur et on se dit qu’on y est pas si mal que ça après tout. » Pourtant, il est impossible de ne pas suivre l’auteur dans l’hommage (vengeance dit-il) magnifique qu’il rend à sa défunte mère. « dans ma chambre me voici, un de l’humaine nation, scandalisé par l’universelle mort, stérilement interrogeant. »

Et nous voilà embarqué sur une rivière révoltée d’amour, de souvenir, d’absurdité, de vanité, de poésie, et que sais-je encore, tellement tous les sentiments fusionnent à travers les lignes et nous amènent un peu plus à éprouver la présence innée de la vie, dans toute sa spontanéité et son mystère absolu. Au-delà, de la mort, Albert Cohen nous livre toute l’humilité des hommes et l’inutile prétention au but vers laquelle tendent leur inclination. Nous voilà face à l’abyme, et tout en bas, il n’y pas de sol, seulement une mer intense d’émotion dans laquelle nous irons, inéluctablement, nous plonger.

Je crois qu’il ne faut pas en dire plus et, pour une fois, respecter la simple envie de penser, en silence, sur toutes les jolies choses de la vie.

Un livre formidable.

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Mercredi 16 janvier 2008

atmosph--re-cath--drale.jpg L’atmosphère est un drôle de phénomène. Elle est partout et nulle part, nous suit dans toute nos redondantes explorations du monde, enveloppe ostensiblement notre être et mue à la vitesse de l’éclair. Quoique tout le monde ne perçoive guère l’ambiance qui les entoure chaque fois qu’ils font un pas, on ne peut nier l’existence d’une véritable pression du monde tout alentour. Et quand bien même la sensibilité ne s’active-t-elle pas dans toutes les situations de la vie (on passerait son temps dans la béatitude autrement), le cerveau, lui, enregistre de tous les signaux et s’ajuste à l’environnement. Ainsi peut-on se sentir bien dans une pièce, avec certaines personnes, avec telle musique, sans même sans rendre compte. La lumière est pour moi le grand chef d’orchestre et chaque fois qu’une activité comme l’écriture ou certaines activités professionnelles requièrent le calme d’un bureau, croyez-moi, je guette la moindre poésie qui gonfle les ombres.

Mais la question devient encore plus intéressante lorsqu’il s’agit de créer une atmosphère. C’est bien sûr l’un des soucis majeur de l’écrivain car bien plus qu’un simple arrière-fond à visée esthétique, il s’agit d’un véritable contenant pour les personnages. Et pour cause, ce qui souligne l’existant, c’est la lueur du monde. Une rencontre par exemple est souvent colorée par une scène particulière, un lieu, un incendie céleste , une pluie de feuilles d’automne, une tension dans les bruits et tous les autres sens. Bref, l’atmosphère permet au personnage de s’exprimer. Je crois qu’il en est de même dans la vie quotidienne : Si par exemple nous souhaitons nous déclarer à un être cher, la situation va devenir capitale. Aussi, lorsque l’être et ses sentiments sont en adéquation avec l’atmosphère qui l’habille, alors seulement, il peut se découvrir lui-même et devant l’autre, alors seulement, de singulières turbulences s’agitent et cristallisent l’instant.

L’atmosphère est peut-être la condition la plus fondamentale pour la liberté et l’échange
Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Vendredi 11 janvier 2008

La-r--veuse-d-Ostende.jpg Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur singulier dans le paysage francophone de la littérature. Avec un talent remarquable il sait allier des thèmes graves (le destin d’Hitler dans La part de l’Autre par exemple), une écriture extrêmement fluide et bien modelée, une narration à suspens, des éléments de contes moraux, et une volonté ostentatoire de créer une aventure. Malgré l’abord de phénomènes cruels et absurdes (voir Je suis une œuvre d’art ), l’ensemble est régulièrement saupoudré d’une sorte de bienveillance et d’un regard finalement tendre sur les êtres humains.

Si j’ai dévoré La part de l’autre, Je suis une œuvre d’Art, La secte des égoïstes (un bijou pour ceux qui s’intéressent à l’illogisme humain) et surtout le fabuleux Evangile selon Pilate, me voilà légèrement déçu par La rêveuse d’Ostende.

L’ouvrage est en fait un recueil de cinq histoires articulées autour du thème du rêve. L’écriture, quoique sans qualité expressive réellement originale, est toujours aussi claire et maîtrisée, mais les histoires manquent légèrement d’énergie.
Pourtant, si je présente ce livre c’est pour son ambition fondamentale, à savoir celle de démontrer qu’il est possible d’injecter de l’extraordinaire dans ce grand mouvement du temps qui nous traîne lourdement tous les jours. Il en est ainsi, Monsieur Schmitt sublime avec une certaine noblesse des situations banales : il revisite le thèse du prince charmant, il aborde celui de l’épanouissement personnel, le caractère étroit de certaine vie et, avec minutie, colorie sa narration en extrayant de situations banales ce qui à mon sens participe à la tension vitale : l’excitation créée par l’altérité et le rêve. Aussi l’auteur déborde-t-il de son ouvrage en interpellant le lecteur. Probablement la littérature sert-elle en partie à se poser des questions et quand bien même ce ne serait pas son objectif initial, elle a une force de persuasion considérable. Peut-être alors que les rêveuses de Monsieur Schmitt ont raison, peut-être qu’en injectant de l’extraordinaire à sa vie et en élevant chaque jour à un rang onirique nous sauvons-nous un peu, peut-être que la vie n’est qu’une gigantesque aventure, exotique et turbulente.

En somme, est-ce nécessaire de se dire qu’il en va autrement ?

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Lundi 7 janvier 2008

undefined Et bien nous y voilà, à contempler un nouveau chiffre grimper le calendrier et à percevoir, avec beaucoup plus de force que celle de la simple intuition, que le temps insiste dans sa chevauchée fantastique vers mille destins ineffables.

D’aucuns ont remplacé les résolutions par les résignations.

Certains ont encore oublié d’atteindre un de leurs rêves.

D’autres ne veulent même plus en entendre parler.

Quelques uns sont restés immuables : Ils se sont de nouveau, de justesse, penchés sur l'habitude des jours en leur attribuant un similarité rassurante ; la joie de voir un soleil blafard enfler, le matin.

Nombre ont compté les chuchotements amoureux qu’ils avaient reçu l’année précédente.

On susurre des bilans sur le passé et puis, déçus, on additionne les émotions pour savoir si elles sont descendues en dessous du zéro. La vie a-t-elle brassée, dans sa colossale marche, d’événements suffisamment satisfaisants pour continuer ?

Et on a bien, perspicaces, repéré quelques phénomènes très familiers de la pourriture.
Tout cet amas de rémanences nous vient à l’esprit à cause de la simple dégringolade d’un chiffre.

Mais ne vous méprenez pas,  je ne crois à rien de ce que je viens d’écrire. Les points temporels n’ont aucuns intérêts et faire le bilan de l’année précédente n’a d’autre finalité que celle de confirmer que tout ça, décidément, est bel et bien une gigantesque blague cosmique. De sorte que, au total, seuls comptent les imprégnations émotionnelles, la chaleur des relations humaines et la fascination pour la densité poétique du monde.

Je n’ai qu’un souhait pour 2008, que l’on combatte encore et encore la vague nihiliste qui parasite la pensée humaine…

Puisse-t-il advenir que chacun réalise ses innommables secrets, ceux même qui constitueront (peut-être) une nouvelle et fabuleuse destinée…

Existe-t-il des choses plus importantes ?

Et comme le dirait avec une simplicité tragique A. Cohen : « Divertissons-nous un peu avant de mourir !»

Tous mes vœux de bonheur à vous et à vos proches.

Jérémie Vanden.

Par Vanden
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Mercredi 19 décembre 2007

Et bien voilà, commence ce soir une délicieuse oisiveté qui va me permettre d’écouter avec davantage de quiétude les délicates musiques de la vie… Ce blog s’interrompt quelques semaines pour laisser les vacances se déployer comme une douce couverture chaude…

Je vous souhaite, à toutes et à tous, de très bonnes fêtes de fin d’année.

Retour le 7 janvier.

A bientôt,

Jérémie Vanden

Par Vanden
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Samedi 15 décembre 2007

le-tour-d---crou.jpg Que le temps est cruel lorsque parfois, il vole égoïstement vers le futur et la destinée en laissant les éléments disparaître dans sa gorge avide et tragique. Il en est ainsi, la découverte du chef d’œuvre de Henry James me fut bien tardive et les quelques semaines qui se sont écoulées depuis la fin de la lecture me laisse encore un bouquet d’arôme délicieux pour l’esprit.

Le tour d’écrou raconte l’étrange histoire d’une jeune institutrice engagée comme maîtresse d’une vaste demeure par un homme fortunée et mystérieux, dont la mission est d’étayer l’éducation de sa nièce Flora et de son neveu Miles. Rapidement, surgissent les visions surnaturelles et effrayantes des deux anciens domestiques, morts depuis quelques années, et cette idée terrible qu’ils reviennent enlever les enfants.

Monsieur James nous offre ici un conte spectrale, paranoïaque et profondément instable. Et pour cause, il brode avec une finesse remarquable un univers mystérieux, jamais sinistre, et chargé d’interfaces entre la réalité, l’imaginaire, la folie et le paranormal. Si le lecteur se sent accueillir au fond de lui-même mainte émotions de doute et de peur au fil des pages, il perd peu à peu pied avec le monde réel et suit les égarements chaotiques de l’héroïne. Faut-il rappeler que l’auteur entre dans la catégorie prolifique des auteurs tourmentés, seul, angoissé, rongé par un sentiment constant d’inquiétude sur le monde ? Sans doute était-il envahi par un monde de fumée et de fantômes car, bien que matériels, c’est l’ensemble des personnages qui se voient parés d’une vêture psychologique hantée par mille indéfinitions de leur existence.
Et je crois qu’en ceci réside une grille de lecture de l’œuvre, à savoir que les êtres, quand leur Essence est floue, plongent dans un gouffre abyssale, situé aux confins du tourment et de l’étrangeté.

Et alors seulement, il se produit un phénomène singulier : on ne vit plus, on flotte

A lire absolument.

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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