Si, mué par quelques intrigues quant aux angoisses qui remuent normalement
les êtres humains, on essaie d’établir un panorama général des phénomènes à fort potentiel perturbant, on se confronte rapidement, dans la littérature ou dans la vie quotidienne, au thème de
l’absence. Combien d’auteurs ont tenté de peindre et de penser ce thème fort pénible ? Loin des considérations esthétiques et poétiques, l’absence est une bizarrerie psychique. Et pour cause, l’absence a différentes couleurs et quand bien même ai-je utilisé le terme de « pénible » pour désigner son évocation, le
phénomène est bien plus nuancé.
L’absence, en réalité, loin de considérer qu’elle s’amuse avec la présence, fait exister les choses. Si les choses sont absentes, c’est qu’elle existent (y compris sous forme de représentation). Mais surtout, l’absence est une gigantesque surface de projection émotionnelle et historique.
Prenons le cas, le plus fréquent en littérature, de la disparition (le départ, la mort, la fuite, la séparation) d’un être cher. Au-delà des sentiments de tristesse, ou de joie selon, qui
surviennent, il va se passer une variation étrange : la personne absente va continuer a exister dans l’esprit tout en étant déformée par de nouvelles attributions. En d’autres termes, nous
fantasmons l’absence, et par ce biais, nous pouvons gratifier l’absent d’une idéalisation massive ou bien d’une dévalorisation qui peut lui
être proportionnelle. Dans tous les cas, la personne disparue ne sera plus la même, mais modelée par nos émotions et nos souvenirs, des évocations peu fidèles, loin de l’objectivité.
L’absence est donc au-delà de la réalité, elle fait exister les personnes (dans notre exemple) en les transformant. Dans les cas positifs, l’absence devient un conte, à savoir une chaîne représentation, qui tisse l’histoire d’un être. La fiction en est la preuve suprême puisque l’écrivain travaille sur des personnages par
définition absents. Fort de cette liberté, il peut alors manier des réalités à sa guise.
C’est toute la puissance parfois triste et tragique de l’absence : en extrayant les émotions, elle nous plonge directement au milieu d’un mouvement de tiraillement entre la réalité et notre monde interne…
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« Non. »
Christensen est un auteur que j’admire profondément depuis la
découverte du
Il existe, parmi certains poètes et certains scientifiques du développement, des
personnes qui se sont posées une drôle de question : Motivées par l’Enigme, elles se sont demandées quelle était la première impression de l’être, c’est à dire celle d’un
bébé qui découvre le monde dans lequel il va désormais devoir se façonner un avenir et maintenir la tension générale que l’on nomme la vie.
Comment, si l’on se lançait l’objectif prétentieux et presque hors de toute
tentative ambitieuse de conceptualisation humaine, pourrait-on évoquer la vie ? D’aucune manière il ne s’agit de définir la vie et quand bien même le défi
est-il des plus passionnant, l’espace accordé par le support du blog ne suffirait de toute évidence pas à présenter toutes les nuances que mérite un tel questionnement.
Une fois n'est pas coutume, c'est aujourd'hui un poème que je
souhaite partager, dans l'attente du billet qui va suivre sur l'auteur. Une si mélancolique mélodie ne peut à ma connaisssance n'être attribuée qu'à Edgar Allan Poe. Il ne nous reste plus
qu'à écouter avec le coeur...
Sans
doute Bernard Werber est-il l’un des auteurs qui divise avec force le système des critiques littéraires avec l’opinion du publique. Nombreux sont ceux qui lui reprochent notamment un style
d’écriture pauvre et une vision quelque peu simpliste du monde. Pourtant, on le présente souvent comme l’un des rares français à avoir vendu des ouvrages dans le monde entier avec un chiffre qui
approcherait les 15 millions de livres. Autant le dire tout de suite, je guette
Philippe Claudel est à mon avis
l’un des auteurs contemporain les plus respectables de la langue française. Et pour cause, la langue n’est visiblement pas pour lui qu’un support de la pensée, elle prend
davantage l’aspect d’une monumentale sculpture indépendante. Claudel est un travailleur de la langue, il ne se laisse pas aller aux impulsions et aux facilités, il cherche le
bon mot, un lexique pointu, une construction méticuleuse. Ce qui d’ailleurs, lui vaut par certaines âmes somme toute égarées l’attribution d’un style qualifié de « lourd ». Il est
remarquable qu’une forme en discontinuité totale avec notre époque, une forme lente, avec un vocabulaire désuet, recueille de telles critiques.
La plupart des avancées scientifiques ont souvent eu la conséquence
(l’objectif ?) de réduire la prétention de l’homme quant à sa capacité d’appréhender et de rendre intelligible l’univers. L’étude des rayons a par exemple montré que l’homme ne voyait qu’une
partie du spectre de la lumière, les éthologistes ont confirmé que des espèces animales ont certains sens bien plus développés que les nôtres, l’astronomie nous offre quelques magnifiques
vertiges existentiels, l’étude des divers maladies nous suggère que l’organisme humain est extrêmement défaillant. Nietzsche écrivait : « Il lui [l’homme] en coûte déjà
assez de reconnaître à quel point l’insecte ou l’oiseau perçoivent un monde tout autre que celui de l’homme, et de s’avouer que la question de savoir laquelle des perceptions est la plus juste
est tout à fait absurde puisque y répondre nécessiterait d’abord qu’on les mesurât selon le critère de la perception juste, c’est à dire selon un critère dont ne dispose pas. »
Depuis quelques temps je m’intéresse
aux images dîtes impossibles. La raison en est simple, dans le cas de ce genre d’image (voir ci-contre) le cerveau ne parvient pas à finir sa représentation. Quelque chose cloche, quelque chose d’étrange. Ce phénomène est à mon sens fascinant car il ne s’agit bien évidemment pas d’un simple problème de perception mais bien d’un erreur cognitive digne de l’absurdité. Indépendamment de notre volonté, le cerveau ne peut maintenir cette situation conflictuelle et choisit invariablement l’une des
perception donnée. En d’autres termes, les cognitions ne peuvent représenter et traiter cette image. Le processus est le même si je demande par exemple à quelqu’un de visualiser mentalement un
chiliogone (polygone à mille côtés). Pourtant, tous ces objets existent.


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