Mardi 6 novembre 2007

Ce billet est la suite de celui-ci.

 

Les écrivains, amateurs ou non, portent un lourd fardeau : lorsqu’ils sont plongés dans une plaisante lecture, ils font l’expérience fréquente de buter sur certaines phrases. On observe comment l’auteur a construit sa prose et on s’observe soi-même pour voir si le travail littéraire de ce dernier produit sur nous un mystérieux effet. Ce phénomène est épuisant et, disons-le, parfois ennuyant. Il est aisé, une fois l’esprit soumis à de telles motivations, de perdre la fluidité et, par conséquent, la qualité de la lecture. C’est plus fort que nous, on cherche finalement cette fameuse recette dont tout le monde murmure qu’elle n’existe pas.

Les phrases d’un texte me paraissent souvent inégales, plus ou moins appuyées. On sent parfois que la plume de l’auteur s’est levée un court instant pour attendre que l’esprit, à toute vitesse, formule de nouveaux wagons poétiques à sa prose. La belle phrase est un phénomène différent de la belle écriture. Sans doute se distingue-t-elle en premier lieu par son caractère surprenant. J’ai longtemps cherché ce que pouvait être une belle phrase, j’ai convoqué à la réflexion un certain nombre de phénomènes pour déterminer ce qu’était une belle phrase avec la finalité non déguisée de pouvoir en créer : Aussi peut-on se pencher sur la grammaire, la justesse du vocabulaire, la pertinence, l’intelligence du propos, la coercition des images contenues dans les mots, le déclenchement de réactions physiologiques (pleurs, rires, surprise, joie…), le travail de sculpture (la conjugaison par exemple), la clarté, la simplicité, la capacité à synthétiser une idée, etc, etc… Les critères sont innombrables et probablement que chacun d'entre nous peut définir ceux qu’ils considèrent comme les plus important.

Mais tout de même, il me semble qu’il existe un invariant et une méthode pour reconnaître une belle phrase.

Une belle phrase est d’abord la création d’un bouleversement délicieux, une explosion du rythme de lecture, soit par continuité (bouquet final), soit par rupture (de l’histoire, de la mélodie littéraire). Elle aspire subitement la pensée, l’émotion ou fait dériver les images mentales. Elle résonne avec des bruits lointains cachés au fond de nous, des peurs, des désirs, des façons de voir, ou par l’extraordinaire sensation ressentie lorsque l’on est en face d’une pensée intéressante et parfaitement posée. Je crois que la belle phrase est celle qui renouvelle, à un moment précis, le récit, la pensée ou l’émotion que l’on est en train de se soumettre.
C’est la force de la beauté, celle de rompre avec ce qui l’entoure…

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Samedi 3 novembre 2007

Martyre.jpg J’ai souvent entendu dire que Mishima était un digne représentant de la littérature japonaise. Je dois bien avoué que ma connaissance de cette dernière est très limitée, non pas par manque d’intérêt d’ailleurs mais plutôt par ignorance et par un manque d’exposition répétée à une telle culture. Aussi me suis-je procuré, en guise d’introduction, Martyre, un court recueil de deux nouvelles. Force est de constater que je ne fus pas déçu.

La première nouvelle, Ken, raconte les rapports étranges de deux maîtres qui enseignent les arts martiaux. S’engage entre eux avec une subtilité infinie et une discrétion sournoise, une véritable lutte pour le pouvoir et la maîtrise, de l’autre et de soi.

La seconde, Martyre, évoque le jeu sado-masochiste, quasi homosexuel, entre deux élèves d’une école, le plus faible étant l’objet de tortures répétées. L’ensemble est tout aussi dissimulé et enveloppé dans le jeu quotidien des interactions humaines.

Ce sont deux nouvelles bien étranges, très colorées par la culture japonaise, que j’ai découvert avec beaucoup de plaisir.  Mes connaissances sur Mishima sont malheureusement pauvres mais ces deux histoires s’imposent comme une savoureuse invitation à découvrir l’auteur. L’écriture est sèche et directe, précise et essentiellement articulée autour des verbes d’action. Ce choix formel n’est sûrement pas anodin puisque dans ces deux nouvelles, les hommes se bâtissent des valeurs atour de leurs actes et de leur capacité à se soumettre à la douleur en avalant celle-ci comme un ingrédient ontologique fondamental à ingérer en soi.
Il est difficile, en raison des valeurs européennes différentes, d’interpréter le sens des textes de l’auteur. Mais il me semble qu’il nous chuchote, avec cruauté parfois, l’impasse des attitudes humaines, la confusion des espérances, le maelström généré par le refoulement des sentiments (au profit des sensations intenses d’endurance et de douleur). Il souligne la caricature de certaines idéologies, soulevées à un rang si haut qu’elle dépasse la peur la mort : l’excès d’honneur, de maîtrise de soi, de volonté à faire partie des hommes, à tout prix

De très belles pistes de réflexion pour les amateurs de complexité humaine….

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Mardi 30 octobre 2007

J’ai déjà évoqué (ici) que le devenir publique d’une œuvre n’est finalement pas corrélé avec ce vaste sentiment peut-être inexistant que l’on nomme le soulagement. D’autant qu’à mon échelle, il s’agit bien sûr de très très modestes articles.
Sans doute, toutefois, serait-il absurde de nier ou de refouler sous quelque prétexte absurde d’humilité qu’une évocation par ci par là de sa création reste agréable… Bref, C’est Ecrire Magasine, numéro 99, parution d’octobre 2007,  qui m’accorde cette fois une trentaine de lignes pour présenter L’Hypothèse Crépuscule. Je les en remercie vivement.
Le phénomène est d’autant plus étonnant que je me sens de plus en plus éloigné de ce roman, écrit avec une sorte d’impulsivité qu’il me semble avoir (heureusement ?) perdu aujourd’hui…

On n’échappe pas si facilement aux voies que l’on se creuse, même après avoir arrêté de creuser…

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Vendredi 26 octobre 2007

ciel---clair.jpg « Je crois en la persistance de certains éléments discrets qui apportent quelque chose de différent et qui ont des effets considérables pour l’avenir du monde : la capacité de réflexion, l’élaboration au second degré et une dimension poétique maintiennent une petite flamme qui ne s’éteint pas et permet à l’espèce humaine de se survivre, même quand elle est soumise aux pires atrocités »

La citation est de René Diatkine, un psychiatre reconnu. L’élaboration « au seconde degré » désigne essentiellement la capacité de l’être humain, sous la forme d’une dynamique psychologique de lutte, à combattre l’immédiateté, l’absence de logique, le déni du temps, la satisfaction primaire des désirs, l’évitement de la réalité. Dit autrement, il s’agit d’élever dans le monde des idées, par des processus complexes de transformation et d’ajournement, des motions internes qui peuvent apparaître dangereuses pour autrui et soi-même.

Diatkine nous soumet vraisemblablement une alchimie délicieuse pour honorer les compétences de l’être humain à avancer malgré les destins parfois périlleux qu’il a choisi. Outre l’espoir qui réside dans cette phrase, (qui contient un peu de réconfort en ces durs temps de nihilisme et de pessimisme généralisé), il est remarquable que la pensée, pour l’auteur, chemine à côté de la poésie. Sans doute Diatkine évoque-t-il par le biais du terme « poésie » un mouvement aléatoire et vaguement inexplicable qui hisse avec toute la force existentielle que chacun peut y mettre, l’espèce humaine vers un monde plus malléable, plus aigu, et d’une certaine manière, moins douloureux. Et quand bien même cet art de la poésie avale avec, parfois, une certaine appétence les sentiments de dysphorie, de nostalgie ou de mélancolie, il apparaît comme l’ingrédient nécessaire pour révéler toutes les saveurs de la pensée. Est-ce nécessaire de préciser que la pensée « pure », sans artifice, a fait maints dégâts parmi les Hommes ? Combien ont souffert de pseudo-rationnalisation, scientifique, religieuse, philosophique ?

Diatkine, au-delà de ce message optimiste, nous met en garde : C’est bien la poésie qui teinte la pensée de vertus

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Lundi 22 octobre 2007

pierrot.jpg Comment, lorsque les lumières s’adoucissent de leur éphémère déclin, regarder le crépuscule soulever la lumière des êtres et des choses ? Comment maintenir une vigilance existentielle sur le monde et ses bouillonnements ? Avec quelle émotion accompagner cette plongée profonde vers les existants ? Pourquoi écrire l’état d’une réalité quand la sentir est déjà si envahissant ? Quelle enveloppe affective peut nous protéger des tourments ? De quel destin se contenter, à la délicate limite de notre force ? Quelle malice se cache derrière ses nuages de feu qui font gonfler des émotions bouleversantes d’existence ? Avec quelles idées caresser les impressions chaotiques dont se pare élégamment l’univers ? Quelle odeur croire, parmi celles des pêches, des framboises, des fugaces piqûres de miel et d’épices ? A quelle hauteur voler entre la terre et le ciel ? Pourquoi le frisson est-il la sensation la plus aboutie pour embrasser l’Enigme ? Vers quel rêve creuser son chemin ? De quelle blague cosmique tombe cette singulère ombre ?

L’apaisement est encore si loin…


Peinture : P. Giroud

Par Vanden - Publié dans : Monde diamant - Esthétique
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Jeudi 18 octobre 2007

chercheur1.jpg L’écriture est-elle une activité de recherche ? Voilà bien une question qui, durant longtemps n’existât pas dans mon esprit tant j’associais le lent modelage d’une prose à une simple notion de plaisir (et à quelques autres notions tout aussi naïvement évidente).
Bien sûr, je pense toujours qu’écrire consiste d’une manière ou d’une autre à rendre un morceaux bien choisi  de temps agréable mais tout de même, bien des réflexions ont évolué depuis la parution de mon premier roman. Si ce dernier répondait surtout à une sorte de volonté probablement inconsciente de dénouer quelques embouteillages psychiques (je reviendrai là-dessus car c’est ce même problème qui me conduit aujourd’hui à un vague mouvement de rejet de ce livre…), il me semble désormais que l’écriture participe d’une réelle mobilisation de l’esprit sur les mystères prétentieux de la vie et de l’être humain.
Quoique je n’en sois pas si loin, je n’évoque guère ici une recherche strictement phénoménologique, à l’image des écrivains comme Kundera par exemple, ni d’une pseudo-psychanalyse littéraire comme d’aucuns aime tenter. Je pense davantage à l’essai d’une réelle méthode expérimentale. Autrement dit, il s’agit, une fois une longue phase d’exploration achevée, de tester les émotions, les sentiments, les comportements, lorsque l’individu est confronté à une situation particulière. Or, l’écriture, par le biais de mise en scène aux tonalités diverses et sans cesse malléables, me paraît être un des laboratoires les plus étranges et les plus merveilleux pour essayer des mondes… Loin de moi l’idée de vouloir jouer à Dieu, ou de croire que l’activité de création est toute-puissante, mais comment se contenter du seul monde de la vie quotidienne, aussi admirable soit-il ? N’y a-t-il pas quelques univers qui cachent en leur sein le pouvoir sacré de révéler des émotions et des rêveries ?

Ce soir, pour un second ouvrage fugace, ce sera un monde aux milles lunes…

Délicat instant…

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Lundi 15 octobre 2007
Attention, ce billet peut révéler la fin de l'ouvrage pour les lecteurs qui ne souhaiterait pas la connaître...


ni-deve.jpg Chaque année, en début d’automne, Mme Nothomb se livre à un étonnant rituel : elle se charge d’apporter un peu d’étrangeté à la rentrée littéraire. Quand bien même Ni d’Eve ni d’Adam  n’est-il pas entièrement plongé dans le domaine du bizarre, on ne peut qu’être surpris de lire une histoire d’amour… sans amour.

Amélie Nothomb prolonge Stupeur et Tremblement et nous relate cette fois la vie qu’elle menait en-dehors de la célèbre entreprise dans laquelle, suite à des expositions répétées à l’humiliation, elle finit dame pipi. Ce roman, à mon sens, n’est pas le plus affiné sur le plan de l’imaginaire et probablement est-ce bien de la déception que j’ai ressenti suite à mes recherches vaines des petites trouvailles philosophiques dont nous gratifie habituellement l’auteure. Il n’en est pas moins vrai que la fluidité de l’écriture reste admirable et que celle-ci se voit parée d’une grammaire parfaite et d’un vocabulaire tout simplement délicieux. Et que dire de cette prouesse : réussir une teinte tragique en maniant un humour grotesque et confortable.

C’est dans ce point précis que se cache sûrement une lecture particulière de l’œuvre car, paradoxalement, en invoquant à son esprit un souvenir, celui de cette histoire amoureuse avec ce jeune japonais, Amélie Nothomb pointe la jouissance de l’éphémère. De toute évidence, l’auteure préfère les sensations aux émotions. Aussi, se découvre-t-elle tout un art de l’instant dans cet amour singulier. Mais bien au-delà, Amélie Nothomb consacre cette année sa pensée à une lutte paradoxale pour l’éphémère et l’infini. L’histoire d’amour qu’elle développe est parfaite et pourtant, Amélie Nothomb mobilise tout son courage pour la fuir, la glacer en quelque sorte à son état de perfection. Pourquoi ne veut-elle donc pas continuer à jouir de cette perfection ?

Probablement parce que la perfection n’est pas suffisante.

La perfection n’est pas suffisante parce que la perfection arrête le temps.

Au moins dans la fuite, c’est le souvenir qui contrôle le temps…

Et toujours devons-nous nous inventer de nouveaux destins…

Par Vanden - Publié dans : Monde Violet - Littérature
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Lundi 17 septembre 2007
Et bien comme il arrive parfois dans la vie, des changements s'imposent ! En raison d'un déménagement, ma connexion internet risque d'être interrompue pendant deux-trois semaines... J'en suis désolé. Le temps de récevoir les appareils nécessaires à la mise en marche d'une nouvelle connexion, et tout rentrera dans l'ordre...
Reprise du blog  mi-octobre...
A bientôt,
Jérémie Vanden
Par Vanden
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Jeudi 13 septembre 2007

tendresse.jpeg Je réfléchissais, pas plus tard qu’hier, aux différents mouvements sentimentaux qui peuvent réunir des personnages dans un roman. Ces mouvements sont de toute évidence très nombreux et très complexes. C’est tout l’art de décrire l’interaction tumultueuse de deux êtres. La tendresse me semble être l’une des expériences les plus intéressantes, à vivre bien sûr, mais aussi à décrire grâce à la littérature. Et pour cause, la tendresse n’est pas qu’un simple élan d’affection à la fois naïf et extrêmement puissant. Sans doute se promène-t-elle sur les mêmes chemins que le sentiment d’amour et certains diront sans hésitation que les deux phénomènes sont plus ou moins corrélés. A mon avis, les tresses que dessinent ces deux émotions ne sont pas si simples. Pour maintes spécialistes des relations humaines, notamment ceux qui étudient les relations précoces mère-bébé, la tendresse a une fonction de liaison. A cet égard, une mère attentive et aimante va créer un véritable pont émotionnel entre elle et sa progéniture. Ce chemin servira entre autre à véhiculer des demandes, des besoins fondamentaux et plusieurs autres événements psychiques comme le tissage délicat d’une enveloppe amoureuse autour de l’être.
La tendresse sert aussi à apaiser les angoisses et l’incompréhension que peut sentir un enfant lorsqu’il est confronté à des tensions internes. Mais ce qui m’apparaît davantage intéressant réside dans le rapport particulier qu’installent deux êtres qui se vouent à tant d’affection. Car la tendresse a aussi le pouvoir incroyable de faire émerger et exister une conscience. Dit autrement elle organise dès le plus jeune âge le mode d’être de l’individu. Il ne faut donc pas croire en la naïveté poétique du câlin, c’est bien une nécessité ontologique qui se profile derrière.

La tendresse est finalement un outils existentiel très efficace qui va permettre à chacun d’entre nous de comprendre à sa manière les liens qui oscillent dans le monde.

Les câlins deviennent ainsi l’une des ressources les plus importantes dont nous disposons pour exister…

Autant se prémunir et toujours garder un nounours près de soi…

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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Lundi 10 septembre 2007

Parfois, parmi le bouillonnement casanier d’une journée, jaillit une sorte de phénomène fort heureusement éphémère que l’on nomme l’inquiétude.
Il existe différentes couleurs, différentes modalités de l’inquiétude. Et fut-elle déjà passée, qu’une émotion la remplace instantanément. Néanmoins, certaines marquent plus que d’autres. Elles savent où sont les bons nerfs d’une certaine manière. Je m’aperçois depuis quelque temps maintenant d’une inquiétude qui me semble tout à fait fondamentale tant son caractère est à la fois redondant et hideux : il s’agit de la pensée étrange de ne plus avoir d’idée.
L’évocation anxieuse que je fais ici n’a rien à voir avec « l’angoisse de la page blanche », car ici l’angoisse n’est pas si modeste. Elle s’étend bien au-delà et pose un tentacule perfide sur chaque activité de création. Sans doute la création aspire-t-elle l’esprit vers le dynamisme, mais j’ai comme l’impression parfois désagréable de toujours courir après les idées. Tout se passe comme si elles étaient loin devant, sur une route infini, et que derrière, je suais, sang et encre, pour en rattraper quelques unes.
Imaginons ce scénario catastrophique, celui de voir toute activité d’écriture s’interrompre parce que les idées se parent soudainement d’un voile impénétrable. On ne peut pas décider de l’idée, elle est indomptable, fougueuse, imprévisible, sournoise, elle nous trahie parfois, elle fait mal lorsqu’elle nous amène à émettre des doutes sur l’état des êtres et des choses, elle se déchaîne lorsqu’elle est en colère, elle remue aussi dangereusement que des sables et, comme l’atteste la tragique vie de certains auteurs, l’esprit n’est parfois pas loin de sombrer dans le chaos de sa profondeur. D’autant que l’idée est bien entendu l’ingrédient de base du modelage littéraire. Certaines d’entre elles requièrent sans doute une longue maturation, d’autres s’évaporent très vite… A d’autres instants, c’est comme si on se réveillait au beau milieu d’un champs de fleurs, épris par une beauté brutale, insouciant de cueillir quelques mauvaises plantes…

Je crois que la route est encore longue pour attraper quelques idées mais si j’y réfléchis bien, dès l’instant où cette route existe et que je suis en train de courir… et bien je vis.

Ensuite, c’est une question d’endurance, tenir avant la folie….

Par Vanden - Publié dans : Monde Bleu - Pensées
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