Monde Rouge - Rage Immobile

Samedi 8 novembre 2008

Je me souviens d’une discussion passionnante que j’ai eu récemment avec quelques amis sur le destin de notre siècle. Le débat s’est rapidement aiguillé sur les phénomènes qui changeraient potentiellement l’avenir de l’humanité. Plusieurs thèmes ont été évoqués : l’évolution des guerres et la gestion géopolitique, le déclin du système économique mondial, la pollution environnementale, la découverte du boson de Higgs en physique, la tenue ferme des droits de l’Homme, la régulation de la montée de la violence dans les sociétés, la création de nouveaux courants artistiques, l’avènement technologique et technocratique, le pouvoir et les défaillances du système administratif, la circulation des modèles religieux, la création d’armes toujours plus puissantes…

Certains de ces thèmes étant bien sûr liés les uns aux autres.

Sans sombrer dans le pessimisme, tous ces axes nécessitent que l’être humain se surveille et réfléchisse aux conséquences de la plupart de ses actes.

Il en est un qui m’interpelle particulièrement. Présent dans l’œuvre de Houellebecq, les questions relatives au  clonage humain me semblent avoir une actualité dangereuse. Je ne parle pas ici du clonage thérapeutique mais bien de la naissance d’une nouvelle forme d’humanité. J’espère que les philosophes, les biologistes, les médecins, les psychologue, les politiciens se pencheront réellement sur cette problématique. Car si les sociétés occidentales ont encore quelques barrières morales, il n’en est pas de même dans tous les pays… La définition même de l’Homme  (si une telle définition est possible) s’en trouverait à jamais changée...

Si vous voyez d’autres thèmes importants qui joueront un rôle majeur dans l’évolution de notre espèce, n’hésitez pas à les évoquer…

Par Vanden
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Lundi 14 avril 2008
Une question épineuse (et un peu coup de gueule je l’avoue) qui ressort de discussion régulière que j’ai avec certains collègues : nous nous demandons parfois si l’art est toujours une bonne chose pour l’être humain ? Ne croyez pas à la vanité ou à l’inutilité d’une telle question car des conséquences très concrètes existent selon la réponse. C’est avec ce genre d’idée par exemple que l’on a soigné des patients psychiatriques il y a encore quelques années, qu’est né le célèbre mouvement de l’Art Brut (exposition de peinture faite par des personnes schizophrènes par exemple), ou que l’on prône des modes de vie ou des idéologies qui peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la vie. Ce n’est pas une question abstraite, encore moins lorsque l’on sait que certains mouvements théoriques de la psychologie voient dans l’art une forme d’expression vertueuse de la condition humaine.

Je voue à l’art une quantité considérable d’investissement. L’écriture et la musique notamment occupe la plupart de mes pensées et de larges émotions sont déployées dans ces activités qui, je le pense, intensifie un peu la vie, lui donne de l’arôme. Mais croire que l’art permet à chacun de nous d’élever sa condition est d’une redoutable absurdité.

On cherche à peu près tous, je l’espère, une forme de société disons plus développée. J’entends ici certains critères comme la sublimation des mouvements violents, la réduction du halo sémantique afin de permettre une meilleure communication, la coopération pour le confort et la stabilité, la mise en avant de préoccupation existentielle plus poétique et élevée… L’art est effectivement l’un des chemins qui conduit vers ces projets (utopies ?) mais tout dépend dans quel contexte il est exercé. Il résonne différemment selon les personnalités, les époques, les espaces géographiques. Et j’ai vu bien des femmes et des hommes aggraver leur existence avec leur art. Parfois même jusqu’à en nier la réalité (l’exemple du solipsisme est formidable) ou jusqu’à accentuer leur tourment de manière considérable.
L’art, quand il est mal maîtrisé peut faire souffrir un individu (voir un pays) et conduire à un enfermement ou à des bizarreries catastrophiques, complexes, irréelles. Il ne produit plus alors de l’épanouissement pour les existants mais annonce bel et bien une fabuleuse descente aux enfers (narcissique, délirante, hermétique, asociale, etc., selon le registre dans lequel on se situe).

Comme les idées et la pensée, l’art est un formidable outil de l’évolution, mais encore nécessite-t-il d’être manié avec précaution…
Par Vanden
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Lundi 11 juin 2007

chayan5.jpg Je suppose que la plupart des écrivains amateurs souhaitent être élu par une grande maison d'édition. J’imagine (mais je ne peux qu’imaginer) que le coup de fil d’un éditeur de la collection blanche de Gallimard annonçant que le manuscrit est accepté doit déclencher une sorte d’euphorie qui pourrait, dans mon cas, se caractériser par des bonds sporadiques de joie et des hurlements légèrement inquiétants pour quelconque étranger à la présence intempestive…

Mais les places dans le milieu de l’édition sont chères et combien d’auteurs connaissent la fameuse lettre type de refus ?

Quand bien même je préférerais mille fois être édité par une maison d’édition imposante, dois-je pour autant abandonner tous rêves de publication et balancer mon manuscrit dans les jolies flammes d’un feu de bois improvisé ?

Non.

Loin de moi l’idée de croire qu’il faut que tout le monde s’acharne absolument à écrire des livres mais, dans certains cas, il me semble nécessaire de passer par des services que proposent certaines maisons dit à compte d’auteur ou à semi-compte d’auteur. En gros, la maison ne prend aucun risque financier, c’est l’auteur qui achète ses propres bouquins et se démène ensuite pour la diffusion. (Des fois l’auteur en question fait même un blog, c’est pour dire…). L’ennui c’est que l’auteur est confronté à la croyance, probablement en partie vérace, que la qualité littéraire est inversement corrélée au compte d’auteur. Si on paie pour faire éditer ses livres, sans doute écrit-on mal.
Je ne me prends certainement pas pour un grand auteur et je suppose que les refus que j’ai pu connaître était justifié (qualité littéraire insuffisante, pas assez de relation, pas assez vendeur, manque de travail ?) mais je trouve dommage que certaines personnes éprouvent tant de réticence avec cette pratique et je veux d'abord parler des écrivains eux-mêmes. A mon sens, il y a dans une vie déjà trop de gens qui décident à notre place les différents vecteurs qui conditionnent notre parcours individuel (les profs, les employeurs, les parents, etc…) et je ne vois absolument pas pourquoi une bande de types inconnus devraient nuire à un rêve de publication sous prétexte qu’ils se sentent plus aptes à juger de la qualité littéraire d’un écrit. Quant aux histoires d’argent, certaines maisons pratiquent des tarifs très acceptables avec des services appréciables et quand il s’agit de réaliser un tel désir, des arguments comme celui-ci ne tiennent pas longtemps. Par contre, il est un argument beaucoup plus tenace qu’on appelle le principe : par principe, je ne paie pas pour être publier. En réalité, sous les « par principe » se dissimule souvent une affaire nauséabonde d’égo. (Au passage, la plupart des publications dans le milieu scientifique ne sont pas rémunérées)

Bref, de nombreuses réflexions pourraient être ajoutées, mais personne ne jouera avec mes rêves, personne ne jouera avec ma liberté, la vie est trop courte pour avoir des doutes et des hésitations.

En attendant, écrire, écrire, écrire...

jusqu'à la dernière goutte de sueur.

Par Vanden
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Jeudi 31 mai 2007

Salvador-Dali---The-Three-Sphinxes-of-Bikini.jpg Pourquoi est-ce que j’écris ?

Les manières de répondre à cette interrogation sont légions et en aucun cas il ne s’agit d’exposer ici une introspection colorée d’explications psychologiques et individuelles. Néanmoins, il m’apparaît possible d’exposer des raisons que je pourrais qualifier de phénoménologiques en quelques sortes. Il fut un temps, je pensai que l’écriture s’inscrivait dans une quête globale dont la finalité était le soulagement. A d’autres moments, j’ai admis que l’écriture était un besoin. Ainsi, une petite fée s’était jadis penchée sur mon berceau et m’avait soufflé à l’oreille tout en me l’imposant le mouvement ontologique de l’écriture.

En réalité, plus j’écris, plus je m’aperçois que chaque temps que je consacre à cette activité prend la forme d’un véritable défi. Pourquoi ? Et bien parce que l’écriture est d’abord une lutte contre le rien qui, finalement, ne mène à rien. Chaque prose produite n’est manifestement que le résultat d’une convocation d’énergie censée lutter contre le rien. Il suffit d’avoir une feuille blanche devant soi pour ressentir ce genre de chose. Autant dire que le défi n’est pas simple et quand bien même la tache se révèle-t-elle épuisante, elle revient pourtant hanter mes désirs et mes envies.

Ainsi, me rappelle-t-elle que je dois combattre l’ennui, la monotonie, le néant, le laisser-aller, la béatitude, la contemplation (ma pire ennemie).

Probablement que réside dans ce processus la motivation à l’art et le plaisir qui lui est inhérent : une farouche opposition au rien.

En réalité, j’écris contre le manque, j’écris pour ne rien lui céder, j'écris contre la mort.

La bataille ne fait que commencer…

Par Vanden
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